La Cour suprême du Brésil, plus haut organe judiciaire de l’État, vient de rendre une décision, renvoyant l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro (2019-2023) devant la justice pour tentative de coup d’État. L’intéressé aurait en effet tenté d’empêcher le retour au pouvoir de l’ex-président charismatique de gauche Luiz Inácio Lula Da Silva, après l’élection présidentielle de 2022, que ce dernier avait remporté de justesse face à Bolsonaro. La Cour suprême a ainsi décidé ce mercredi de retenir les charges qui pèsent contre l’ancien président.

La Cour suprême du Brésil a ainsi déclaré la mise en accusation de Jair Bolsonaro pour tentative de coup d’État suite à l’élection présidentielle de 2022. C’est une décision « historique », souligne le quotidien de Rio de Janeiro O Globo. À juste titre puisqu’aucun autre ex-président avant Jair Bolsonaro n’avait été mis en accusation pour rébellion contre la démocratie. Le journal affirme même que les preuves réunies contre lui sont « sérieuses et accablantes ». L’affaire est d’autant plus grave que Jair Bolsonaro encourrait une peine de prison pouvant aller jusqu’au-delà de quarante ans. Des émeutes pro-Bolsonaro avaient en effet éclaté à Brasília en janvier 2023, une semaine après l’investiture de Lula, semblables à l’attaque du Capitole aux États-Unis le 6 janvier 2021. Suite à cela, en juillet 2023, Jair Bolsonaro avait été jugé inéligible jusqu’en 2030.
L’ancien président s’est alors immédiatement défendu en parlant de « plus grande persécution politico-judiciaire de l’histoire du Brésil », se posant en victime de la justice. L’agence de presse indépendante Agência Pública a relaté dans un article l’ouverture de la session plénière de la Cour suprême, qui a donc inculpé Jair Bolsonaro et sept autres personnes, dont quatre responsables militaires. Plusieurs victimes de la dictature militaire brésilienne (1964-1985) étaient également présentes pour assister à cet évènement. Par ailleurs, la séance a été marquée par plusieurs incidents provoqués par des bolsonaristes cherchant à perturber le bon déroulement de l’audience.
Les accusations qui pèsent aujourd’hui sur Jair Bolsonaro, désormais officiellement inculpé, sont extrêmement graves. Suite à une enquête de la police fédérale, il a été révélé que l’ex-président aurait pris la tête d’une « organisation criminelle » visant à renverser l’état de droit pour se maintenir au pouvoir, après avoir assassiné le président élu Lula. Les partisans de Bolsonaro avaient ainsi afflué vers la capitale Brasília et s’étaient introduits dans plusieurs bâtiments officiels, provoquant d’importantes dégradations matérielles.
La tenue d’un tel procès est une manière pour la démocratie brésilienne de tester sa résistance face aux menaces qui pèsent sur elle, dans un pays particulièrement polarisé et politiquement très violent, mais aussi au regard du contexte international, avec le retour de Trump à la Maison Blanche, de prouver la solidité et la fermeté de son système judiciaire quant aux tentatives de renversement fascisantes.
Sources
https://www.courrierinternational.com/reveil/2025-03-27#article-2
https://apublica.org/2025/03/julgamento-bolsonaro-bastidores-stf-ato-1/
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