Depuis hier, la République Populaire de Chine a amorcé une opération militaire d’envergure dans le détroit de Taïwan, dans le but d’intimider l’île du même nom, qu’elle considère comme un territoire sécessionniste qui lui revient de droit. Même si la Chine est coutumière de ce genre de manœuvres, le contexte international actuel, fortement volatil, vient dramatiser la situation.

C’est donc sur un ton martial et belliqueux que l’Armée Populaire de Libération (APL), le nom officiel de l’armée de la République Populaire de Chine, a déclaré avoir initié le déploiement de ses forces autour de Taïwan, qui prennent la forme d’entraînements conjoints aux trois corps d’armée (terrestre, maritime et aérien). L’objectif annoncé est de reproduire un blocus de l’île ainsi que des exercices de bombardements sur des cibles postiches dans le but de mettre la pression sur Taïwan, explique dans un article détaillé Courrier International.
En effet, le pays a reconduit au pouvoir il y a maintenant plus d’un an le Parti Démocrate-progressiste, pro-indépendance et formellement opposé à Pékin, en la personne du vice-président sortant Lai Ching-te. Récemment, ce dernier avait annoncé vouloir mettre en place une loi punissant les opérations d’influence chinoises sur l’île par la voie de tribunaux militaires, une décision hautement controversée qui avait fait bondir Pékin. Ainsi, le gouvernement chinois a entrepris une véritable opération d’intimidation en dépeignant le président taïwanais comme un nuisible prêt à être pulvérisé et depuis mardi, en mettant en branle sa machine militaire. L’armée taïwanaise s’est de son côté préparée à une éventuelle attaque directe et s’est immédiatement mise en état d’alerte maximale.
De plus, le contexte géopolitique international, fortement incertain, vient renforcer la menace qui pèse sur l’île de 23 millions d’habitants, l’invasion de l’Ukraine par la Russie agissant bien sûr comme un spectre pour Taïwan, même si les objectifs de Poutine en Ukraine n’ont toujours pas portés leurs fruits. Par ailleurs, 2025 avait été plusieurs fois citée par des responsables politiques taïwanais comme étant l’année d’une probable invasion chinoise, même si ce genre de prédictions est sans cesse changeante, d’autres estimant qu’elle pourrait avoir lieu plus tard, en 2027 voire en 2030. Cependant, le 31 mars dernier, l’administration Trump, viscéralement opposée à la montée en puissance de la Chine, a déclaré avoir « fait de la dissuasion d’une invasion chinoise de l’île une priorité militaire » cite le Washington Post, tout en tenant dans le même temps des propos très virulents à l’égard de Taïwan et menaçant l’île de droits de douane implacables sur les semi-conducteurs, une industrie hautement sensible.
On serait alors tenté de se demander si le président étasunien sépare volontairement les questions économiques des questions géopolitiques dans la manière de traiter le cas taïwanais. Toujours est-il que la Chine n’est actuellement pas en capacité de combattre les États-Unis sur le terrain militaire et qu’il pourrait s’agir d’une énième opération de pression sur son île voisine, comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises dans un passé récent. Dans tout les cas, la prudence autour de ce sujet brûlant reste de mise.
Sources :
https://www.washingtonpost.com/world/2025/03/31/us-pentagon-taiwan-defense-strategy/
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