En imposant, le 2 avril dernier, des droits de douane, parfois mirobolants, à tous les pays du monde (y compris des terres non habitées), le président étasunien a bouleversé l’économie mondiale, en témoigne la chute drastique des indices boursiers un peu partout depuis ce lundi. Il semble cependant faire progressivement marche arrière. Faisons un point.

Mercredi 2 avril, après plusieurs semaines de suspense, Donald Trump a mis ses menaces à exécution en annonçant que son pays imposerait des droits de douane d’au moins 10 % sur les biens et marchandises entrant aux États-Unis venant de la quasi totalité des pays du monde. L’Europe et la Chine sont les deux puissances les plus touchées par ces tariffs inédits, l’une à hauteur de 20 % et l’autre de 34 %. Le président étasunien a justifié ces droits de douane sans précédent en accusant les autres pays, même ses alliés, d’avoir « pillé, saccagé, violé et dévasté » les États-Unis.
Face à une nouvelle salve de droits de douane contre la Chine décrété le 9 avril, à hauteur cette fois-ci de 104 %, celle-ci s’est aussitôt employée à imposer des tarifs douaniers aigus aux États-Unis, les élevant à 84 %. L’Union Européenne, quant à elle, qui semblait tergiverser ces derniers jours, a annoncé un train de représailles sur plusieurs produits d’importation. Néanmoins, « ces mesures de rétorsion ne répondent pas aux dernières annonces douanières de l’administration Trump », souligne Courrier International. L’UE semble une fois de plus avoir un train de retard face à une administration Trump qui agit tous azimuts.
Mais Trump « vient de tirer une balle dans le pied de l’économie mondiale » et dans le même temps dans le sien, argumente le quotidien espagnol El País. Cette prédiction semble en partie avoir été confirmée par la chute brutale des cours des bourses mondiales lundi 7 avril, notamment en Asie et en Europe, faisant craindre un nouveau lundi noir ou un scénario semblable au krach de 1987. Mais cela n’a pas semblé troubler Donald Trump, alors même que son pays pourrait être frappé d’une récession aux effets catastrophique, notamment en terme d’inflation, déjà galopante aux États-Unis, et de chômage.
Cependant, toujours le 9 avril, le locataire de la Maison-Blanche a soudainement annoncé « une pause » dans la guerre commerciale en cours, tout en maintenant la pression sur la Chine, en répondant à plusieurs demandes de négociations. Est-ce également (et surtout) dû à l’affolement des marchés financiers en début de semaine ? Le principal intéressé ne l’a pas mentionné mais cette hypothèse est pointée par de nombreux médias et analystes. Ceci étant dit, il prévoit que les droits de douane prévus à l’égard des 75 pays prêts à négocier seront revus à la baisse. D’une manière pour le moins peu élégante, il a publiquement ironisé devant un public hilare sur les demandes de ces pays pour entamer des pourparlers en s’exclamant : « Je vous le dis, ces pays nous appellent, m’embrassent le cul, ils meurent d’envie d’y arriver ». Très classe.
À suivre.
Sources :
https://elpais.com/economia/2025-04-02/dispararse-en-el-pie.html?event_log=oklogin
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