Ce mardi 3 juin, les Coréens étaient appelés aux urnes pour élire un nouveau président après que le sortant Yoon Suk-yeol ait été destitué en avril dernier pour avoir déclenché illégalement la loi martiale en décembre 2024. C’est l’opposant de centre-gauche, Lee Jae-myung, qui a été élu, avec 49 % des voix face à son adversaire conservateur Kim Moon-soo, qui a recueilli 42, 62 % des suffrages.

« J’assumerai mes grandes responsabilités et la mission qui m’est confiée pour que mon travail soit à la hauteur des attentes de la population ». C’est en ces termes que s’est exprimé Lee Jae-myung, le candidat du Parti Démocrate, principal parti d’opposition, après sa victoire à l’élection présidentielle anticipée qui s’est tenue ce mardi. Frôlant la barre des 50 %, Lee peut aisément revendiquer la victoire, même si l’écart avec son adversaire de droite, Kim Moon-soo, est un peu plus serré que ce que prévoyaient les sondages.
Cette élection n’aurait pas dû avoir lieu si Yoon Suk-yeol, le président en exercice depuis 2022, n’avait pas ordonné le déclenchement de la loi martiale le 3 décembre dernier dans l’objectif de museler l’opposition démocrate, majoritaire à l’Assemblée nationale, qui ne voulait pas voter son budget. Suite à cette décision, ce dernier avait été destitué à la fin du mois de décembre par un vote des députés puis formellement déchu de ses fonctions par la Cour constitutionnelle le 4 avril (voir article « Le président sud-coréen bientôt destitué ? » et revue de presse « Corée du Sud : unanimité des juges constitutionnels sur la destitution du président Yoon », Le Courrier des Mondes).
Élu pour un quinquennat non renouvelable, Lee Jae-myung porte assurément une responsabilité immense sur ses épaules, pour « sortir le pays du marasme créé par la crise politique et de sérieuses difficultés économiques », comme l’explique Le Monde. Quand bien même dispose-t-il d’un parlement largement favorable, M. Lee hérite d’une nation fortement polarisée, notamment entre hommes et femmes. Ce clivage s’est d’ailleurs illustré ces derniers jours par des propos virulents à l’égard des femmes tenus par le troisième homme du scrutin, Lee Jun-seok, un masculiniste très conservateur, lors d’un débat avec les autres candidats.
Investi président immédiatement après son élection, M. Lee devra faire face à un contexte international très incertain, notamment en ce qui concerne la relation avec les États-Unis de Donald Trump, primordiale pour la Corée du Sud face à sa voisine du Nord. Le président étasunien n’avait d’ailleurs pas manqué de qualifier la Corée du Sud d’allié « désavantageux » en mars dernier, l’accusant d’imposer de lourds droits de douane à son pays.
En ce qui concerne sa personnalité, outre le fait d’être très clivant voire qualifié de « populiste », le nouveau président est jugé proche de la Chine et favorable à une ouverture avec la Corée du Nord. Par ailleurs, il est touché par plusieurs scandales judiciaires qui pourraient le mettre en difficulté au cours de sa présidence, ou au moins affecter sa popularité.
Cela dit, les résultats de ce scrutin démontrent la volonté du peuple sud-coréen de tourner la page de la crise politique et de retrouver une forme de stabilité pour les cinq années à venir.
Sources :
https://fr.yna.co.kr/view/AFR20250604000100884?section=national/index
https://lecourrierdesmondes.wordpress.com/2025/03/20/le-president-sud-coreen-bientot-destitue/
https://lecourrierdesmondes.wordpress.com/2025/04/07/revue-de-presse-du-lundi-7-avril-2025/
https://world.kbs.co.kr/service/news_view.htm?lang=f&Seq_Code=89710
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