
Première étape du voyage : Amsterdam, capitale des Pays-Bas, du 16 au 18 mai.
Gare d’arrivée : Amsterdam-Centraal.
Musée Van Gogh : La vie et les œuvres du peintre néerlandais
Le musée Vincent Van Gogh est situé près du Rijksmuseum, le musée le plus visité des Pays-Bas. D’architecture contemporaine, le bâtiment abritant les collections du fameux peintre offre une visite très agréable et aérée. Au milieu des œuvres, se trouvent les correspondances de Van Gogh avec son frère Theo ainsi que les modèles du peintre, dont beaucoup d’artistes français. Plus on progresse, plus l’exposition entre dans les détails de la vie du peintre.

Bien sûr, ses tableaux les plus connus sont pour la plupart exposés : Les Tournesols, La chambre de Van Gogh à Arles, Amandier en fleurs ou encore ses fameux autoportraits.
On peut ainsi percevoir les évolutions techniques et artistiques du peintre, débutant avec les tons sombres de la paysannerie néerlandaise et se concluant avec les couleurs chamarrées de la Provence et de l’Oise.
Les dernières années de sa vie furent des moments intenses de création, lui permettant de continuer à vivre, comme il l’écrit à son frère, avec lequel il était très proche : « Je peux bien dans la vie et dans la peinture aussi me passer de bon Dieu, mais je ne puis pas, moi souffrant, me passer de quelque chose plus grand que moi, qui est ma vie, la puissance de créer ». En effet, le peintre était atteint d’une profonde dépression et sans doute d’une maladie mentale, qui l’amena à se suicider brutalement en 1890. Ayant vécu toute sa vie dans la misère, il légua au monde des chefs-d’œuvre majeurs dans l’histoire de l’art, sans pouvoir récolter les fruits de son travail de son vivant.
« Le cœur de l’homme est comme la mer, il a ses tempêtes, il a ses marées, et dans ses profondeurs, il a aussi ses perles. »
Vincent Van Gogh
World Press Photo Exhibition : Le paysage d’une année 2025 mouvementée
La World Press Photo Exhibition « est l’une des principales plateformes pour le photojournalisme et la narration visuelle », selon le site Amsterdam Spotted. Fondée en 1955 pour que les photojournalistes puissent montrer leur travail au monde, c’est aussi le résultat d’un concours annuel présentant les photos de presse les plus notables de l’année et retraçant par là même les évènements la jalonnant. Celles-ci sont sélectionnées par un jury indépendant.

L’exposition commence par des récits familiaux intimes, en Asie et en Amérique du Nord, autour de la question de la maternité et de la santé (« Visions of Hope »). Cependant, des enjeux de société sont déjà présents parmi les images : développement des cancers parmi la jeune génération, maternité en Chine, etc. Les organisateurs de l’exposition insistent sur l’aspect humain et sociétal des travaux présentés, en les décrivant par ces mots : « Cette exposition reflète les réalités complexes et souvent difficiles de notre époque ».
Tout au long du parcours, dans la nef de la Nieuwe Kerk d’Amsterdam, située en plein cœur de la capitale tout près du Palais Royal, on peut redécouvrir les images et les récits qui ont marqué l’année 2025 : destructions en Ukraine, à Gaza et au Soudan, révoltes de la Gen Z dans le Sud global, terreur de l’ICE aux États-Unis, incendie majeur à Hong Kong, tuerie d’État dans les favelas de Rio de Janeiro, etc. Autant d’événements qui reflètent un monde violent et entraîné dans une dérive inquiétante. Un hommage est également rendu aux journalistes tombés pour la liberté de la presse entre 1992 et 2025, cette dernière étant la deuxième année la plus meurtrière, juste derrière 2024. Nombre de noms sont ceux de photojournalistes tués à Gaza.
À l’issue de la visite, plusieurs questions nous viennent en tête : Peut-on parler d’art lorsqu’il s’agit d’une photo de presse ? Quelles représentations du monde, et notamment des pays du Sud, ressortent des images présentées ? Comment photographier la violence sans choquer ou sans la banaliser ?
Visite de « l’annexe » : Anne Frank, un récit de la persécution des juifs à Amsterdam
La dernière visite de ce séjour dans la capitale néerlandaise se déroule dans ce qui fut le refuge de la famille Frank entre 1942 et 1944. On connaît tous le témoignage de ces 2 années, réuni dans Le Journal d’Anne Frank, un récit de plus de 300 pages qui retrace les sentiments et la vie de la jeune Anne Frank dans « l’annexe », un appartement caché au cœur de la capitale néerlandaise. C’est le père d’Anne Frank, Otto, qui, ayant survécu à Auschwitz, retrouve miraculeusement les écrits de sa fille après la guerre et décide de les publier.

Nous voici plongés dans l’histoire des familles Frank et Van Pels (comprenant également Fritz Pfeffer), qui ont vécu là du printemps 1942 à l’été 1944, après avoir fuit l’Allemagne pour une partie d’entre eux. Malheureusement, ils finirent par être découverts par la Gestapo et déportés, comme des millions d’autres juifs à travers l’Europe, en août 1944.
Ce sont Otto Frank et Hermann Van Pels qui décidèrent d’aménager cette cachette, ne donnant sur aucune rue et se trouvant derrière les locaux de l’entreprise d’Otto Frank, Opetka, qui vendait des condiments alimentaires. Le directeur de l’entrepôt, Johan Voskuijl, était le seul a être au courant de la cachette (et celui que l’on soupçonne d’avoir dénoncé ses occupants à la Gestapo).
Nous pénétrons donc à l’intérieur de cet espace très restreint, où ne subsiste presque rien, les nazis ayant vidé la totalité de l’appartement après avoir arrêté et déporté leurs occupants. Y sont tout de même exposés des restes et des fragments de vie sauvés de la spoliation : quelques livres, des écrits, des photos. Par ailleurs, des photos de reconstitution et une maquette nous permettent de comprendre cette espace de vie et de nous faire une idée de l’angoisse et de la peur qui traversait ses habitants, ne pouvant sortir de l’endroit.
À la suite de la visite de la cachette, plusieurs salles nous exposent ce qui arriva aux occupants de « l’annexe », pour la plupart déportés dans le camp d’extermination et de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Fait glaçant, ils partent dans le dernier convoi de déportés du camp de transit néerlandais de Westerborck. Nous pouvons également écouter le témoignage d’Otto Frank, un étage plus bas.
Enfin, à l’issue du parcours, sont exposés le carnet d’Anne Frank ainsi que les multiples autres supports sur lesquels elle a écrit. Un total de plus de 250 pages. La jeune fille souhaitait devenir journaliste et écrivaine, un rêve qui se serait sûrement réalisé au vu de la maturité et de la sensibilité dont elle fait preuve dans ses mots.
« Je me sens comme l’oiseau chanteur dont on a brutalement arraché les ailes et qui, dans l’obscurité totale, se cogne contre les barreaux de sa cage trop étroite. »
Anne Frank
Petit bémol cependant : comme dans beaucoup de lieux culturels et de mémoire, une boutique est proposée aux visiteurs en fin de parcours. Mais celle-ci mettait à la vente des objets à l’effigie d’Anne Frank, de son histoire et de « l’annexe » comme des broches, des tote-bag ou encore des puzzles. Une forme d’iconisation et de marchandisation d’un récit tragique qui ne mérite pas d’être affiché en magnet sur une porte de frigo. Mais ceci est un problème récurrent dans ce genre de lieu.
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