Le 3 novembre prochain, plusieurs millions d’étasuniens seront appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat. Ce scrutin remet en jeu la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants (chambre basse) ainsi que le tiers des 100 membres du Sénat (chambre haute). En parallèle, se déroulent de nombreuses élections locales, par état.
À la chambre des représentants, le suspense est presque inexistant. Les démocrates bénéficient d’une large avance, avec près de 92 % de chances de remporter une majorité à la chambre basse du Congrès, selon le site de prévisions électorales Race to the White House. En effet, il ne leur manque que trois sièges pour pouvoir l’atteindre (majorité absolue de 218 sièges).
Pour analyser et interpréter ces prédictions, il faut d’abord regarder du côté du taux d’approbation de Donald Trump, qui est l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire des États-Unis. « Selon un sondage réalisé par le New York Times et l’université Siena, seuls 36 % des électeurs probables approuvaient le bilan de Trump, tandis que 59 % ont déclaré le désapprouver », écrit The Washington Post. Les principales raisons avancées par le journal pour expliquer cette impopularité sont en premier lieu le coût de la vie, le prix du carburant et la guerre en Iran. The Washington Post explique également que la corruption est un paramètre notable dans la détestation de l’actuelle administration : « Près de 90 % ont indiqué que cela constituait un élément pris en compte dans la manière dont ils voteraient lors des élections de mi-mandat ».
Même si personne ne se risque à prédire l’ampleur d’une potentielle « vague bleue », les démocrates ont de bonnes chances de créer des surprises, notamment au Texas, en Alaska, dans l’Iowa et au Kansas, comme l’explique RFI. La radio française ajoute que « sur les 35 sièges remis en jeu cette année, 13 sont détenus par des démocrates et 22 par des républicains qui sont donc sur la défensive alors que la côte de popularité de Donald Trump n’a jamais été aussi faible ».
Il y a enfin un dernier paramètre qui explique la poussée démocrate : la politique migratoire de Trump et ses déportations massives, qui ont particulièrement touché une communauté : les hispaniques. En 2024, pourtant, une grande partie, notamment les jeunes hommes, s’était tournée vers Trump. Il semble que cela ait changé, comme le relève Mediapart, qui parle du « climat d’intimidation » qui traverse le pays depuis que la police de l’ICE a envahi les rues des villes étasuniennes. Beaucoup compte aller voter démocrate, mais la peur reste de mise avec les menaces récentes de Donald Trump et son administration, qui « cherchent par tous les moyens à obtenir les listes électorales des différents États et menacent d’envoyer leurs agent·es surveiller les urnes le jour de l’élection ».
C’est donc en position de force que les démocrates abordent ces élections de mi-mandat, avec une forte poussée de l’aile gauche du parti, les Democratic Socialists of America (DSA). Dans les prochains jours, Le Courrier des Mondes reviendra sur plusieurs des batailles électorales qui pourront faire basculer le scrutin.
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